Cocktails à la bière : petit guide pratique
Les cocktails à la bière se situent à la croisée de la culture du bar et de la tradition du pub. De la Michelada au « bartender’s handshake », un trait de bitters ou une rasade d’amaro peut transformer une pinte ordinaire en quelque chose qui mérite d’être savouré.

Qu’est-ce qu’un cocktail à la bière ?
Un beer cocktail est tout cocktail qui utilise la bière comme ingrédient principal, en base ou en modificateur substantiel. Cela peut être une bière accompagnée ou mélangée à un spiritueux, comme un boilermaker ou le Fernet avec une IPA ; une bière assaisonnée de jus, de sel et de sauces, comme une Michelada ; ou une bière allongée d'un soda, comme un Shandy. Les beer cocktails se montent le plus souvent directement dans le verre plutôt qu'au shaker, car il faut préserver la carbonatation, et ils s'appuient sur des ingrédients d'assaisonnement comme les bitters, le citron vert, le sel et la sauce piquante pour équilibrer le malt et le houblon.
Quels sont les cocktails à la bière classiques ?
La Michelada est celle qui voyage le plus loin, montée au Mexique avec lager, citron vert, sel, sauce piquante, Worcestershire et un trait de bitters aromatiques. Le Shandy, ou Radler, associe la lager à de la limonade ou à un soda aux agrumes, et est omniprésent en Europe du Nord. Le Snakebite and Black associe lager, cidre et un trait de sirop de cassis, un classique des pubs britanniques. Le Dog’s Nose est un mélange anglais du XIXe siècle de porter et de gin. La Bicicletta associe le Campari, ou un amer similaire, à du vin blanc et du soda, et son cousin à base de bière y substitue de la lager. Chacun de ces cocktails est antérieur au renouveau moderne du cocktail, ce qui explique en partie pourquoi ils semblent sous-estimés dans les bars à cocktails aujourd’hui.
Qu’est-ce que la poignée de main des barmans ?
Le bartender’s handshake est un rituel du métier : 3 cl de Fernet Branca frais servi en shot, généralement suivi d’une IPA ou d’une lager fraîche. Il est né de la culture des bars de San Francisco dans les années 2000 et s’est répandu à travers les États-Unis comme une façon pour les barmans de se saluer entre eux et d’accueillir leurs collègues de passage. La logique tient en partie au nettoyage du palais (le menthol et les herbes amères du Fernet tranchent dans une nuit de sucre et d’agrumes) et en partie à l’appartenance : offrir ou accepter le shot signale la connaissance de cette culture. Aujourd’hui, de nombreux bars à bières artisanales gardent une bouteille de Fernet au frais spécialement pour cet accord.
Comment réussir une bonne Michelada ?
Commencer par une lager mexicaine bien fraîche (Modelo Especial, Pacifico ou Tecate sont les classiques). Givrer le bord d’un verre à pinte avec un mélange de sel et de piment en poudre. Remplir de glace. Ajouter le jus d’un citron vert, plusieurs traits de sauce piquante (Valentina ou Cholula), une cuillère à café de sauce Worcestershire et deux ou trois traits de bitters aromatiques Angostura. Compléter avec la bière, remuer délicatement et garnir d’un quartier de citron vert. Les bitters sont le secret discret : ils lient le citron vert, le sel et la Worcestershire et ajoutent en dessous une profondeur d’épices chaleureuses.
Peut-on ajouter des bitters directement dans la bière ?
Oui, et c’est une tradition historique des pubs. Un trait d’Angostura dans une pinte de lager est un classique des pubs caribéens et britanniques, parfois appelé Angostura lager. Quelques gouttes de bitters à l’orange dans une bière de blé avivent les notes d’agrumes déjà présentes. Le Peychaud’s dans un stout ajoute de la profondeur de cerise et d’anis. La règle générale consiste à accorder les bitters à la bière : aromatiques avec les lagers et les pale ales, à l’orange avec les bières de blé, au chocolat ou mole avec les stouts et les porters. Commencer par deux traits par pinte, puis ajuster.
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